28 novembre 1981

J049 - Chandigarh, la cité idéale du Corbusier

Arrivée à l'hôtel vers 1 h du matin et, vu les conditions, arnaque sur une chambre à 40 roupies. C'est le jeu !

Et ça, c'est l'Inde : maintenu éveillé par la chasse d'eau qui fuit et qui régulièrement se vide, puis se remplit à nouveau durant cinq minutes avec un long chuintement.
8h-8h30 : je me lève, il est déjà trop tard pour prendre une douche. L'eau qui s'est écoulée pour rien toute la matinée est maintenant tarie. Coupée.

Dehors, sur les grandes avenues aérées, rickshaws et bicyclettes évoluent en silence, avec grâce et lenteur faisant songer à un curieux ballet.
Derrière le bus stand, terrain vague et marché.


Chaîne de montage, Chandigarh

Secteur 17

Secteur 17 Nord, une agora très commerçante, propre et animée. L'espace est piétonnier, très dégagé, le bas des immeubles de faible hauteur est occupé par des vitrines.
L'unité architecturale donne un aspect occidental à cette ville qui séduit l'européen peu à l'aise dans les bazars déments des vieilles cités indiennes.
Marche le long du Rose Garden pour atteindre le Government Museum and Art Gallery. 

Conçue par Le Corbusier, son architecture intérieure est sinon séduisante, du moins naturelle. L'évolution dans l'espace s'effectue sans heurts.

Les œuvres exposées sont de toute beauté :
- statues modernes remarquablement stylisées : femme debout avec une anfractuosité au niveau où la coiffe découvre les yeux, couple face à face mais unijambiste, comme si chacun avait lové la jambe manquante autour des reins de son amant.
- terres cuites de la province du Ghandara (mort d'Alexandre le Grand de Macédoine en 300 av. J.C. Ses généraux se dispersent, période indo-hellénique dans les visages sculptés, puis assimilation, période baroque à la fin du mouvement vers 600-700).
- têtes de Bouddha du VIème et VIIème siècle (pendant les premiers siècles après sa mort, aucune image de lui, mais des empreintes, des roues de vie,...Plus tard : époque Mahayana, moustache ou pas moustache, puis colliers, bagouzes et tout le tin-toin).
- miniatures mongoles (Agbad 1553-1605), rajpoutes (Kangra, Gurej, Chamba) et rajasthanies (Jaipur, beaucoup moins fines). Quelques merveilles de finesse, de délicatesse et d'amour.
- des tableaux indiens contemporains d'un symbolisme assez grossier (corps dont les membres finissent en branches d'arbres...). Au premier étage, exposition d'étrangers, notamment de Peter Clarke (photos d'Alice Cooper, des Beachboys...). Amusant d'évoluer quelques instants dans le pop-art.

Retour dans le secteur 17, pour avaler un délicieux cheese Bathura peu coûteux et rickshaw jusqu'au secteur 1, le point central.


Secteur 1

Du toit du secrétariat, vue sur les bâtiments administratifs de conception originale. Chaque escalier est lui-même un peu recherché, tout est en béton, fluide.
Des pièces d'eau, une gigantesque place reliant deux bâtiments flanqués de reliefs inutiles.
High Court assez délirant avec ses gros piliers colorés, ses escaliers bizarres.


Palace of Assembly, Capitol Complex, Chandigarh

On continue au Rock Garden, dans le même esprit de recherche mais avec moins de goût : montagnes de cailloux dans le style Wonderland, la magie en moins, sur fonds de vaisselle et de faïence brisées puis figées dans le ciment des pentes.
Les pieds commencent à être douloureux lorsque j'atteins le lac Sukhna, après une longue digression pédestre un peu hâtive. Les indiens canotent ce samedi après-midi, on dirait une ville où il fait bon vivre, ça ne parait pas fatiguant. Où est la misère ?

Rickshaw jusqu'à l'université, le Guide du routard ayant conseillé d'aller manger au resto U pour faire la causette avec les étudiants. J'ai obéi et me suis rendu à la cafétéria. Cela m'a permis de manger, dans une tranquillité rare pour ce pays, un très bon massala dossa arrosé d’une théière de thé noir. Le tout servi dans une vaisselle impeccable, par des sikhs à la crête blanche, pour la somme exorbitante de 2,50 roupies. A conseiller.


Retour au Secteur 17

Retour à pied dans l'animation nocturne du marché universitaire. Jets d'eau au secteur 17 (très science-fiction, ces secteurs). Petit lassi avant le retour au bercail.

C'est curieux comme les pissotières indiennes sont étroites. Il faut toujours s'insinuer par compression entre les deux battants de la stalle avant d'atteindre la cuvette suspendue. Comme dans les bus, on tasse, pour caser le maximum de monde.


_____________________La carte de la journée_____________________

2 commentaires:

  1. Tu avais apprécié Chandigarh on dirait ? Je n'ai peut-être pas fait justice à cette ville. Je n'y suis resté qu'une journée et j'ai poursuivi ma route, je n'ai pas accroché du tout. Mais alors que j'ai dit ça à plusieurs reprises sur des forums de voyages, en conseillant de ne pas prévoir trop de temps pour cette ville, certains ont répondu qu'ils avaient adoré. Et vu que seuls les idiots ne changent pas d'avis, je me suis dit que peut-être, je ne m'étais juste pas levé du bon pied ce matin-là ?

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  2. La ville est intéressante, elle vaut la visite. J'y ai passé une seule journée. Elle est vraiment différente de toutes les villes indiennes avec sa structure quadrillée, construite de toute pièce. J'imagine Brasilia un peu comme ça...Il faut apprécier l'architecture en béton de cette époque ;-) Et se lever du bon pied pour marcher des km dans les vastes avenues !

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