25 février 1982

J138 - Ganeshpuri : second jour à l'ashram


Réveil d’assez bonne heure

Cloches.
5h. Thé.
5h30 : Guru Gita (chant rituel), un peu longue et répétitive, pas transcendante, jusqu’à 8h.
Un peu de méditation, peu aboutie.

9h : balade dehors.
Un jeune américain et les indiens de l'extérieur : des mondes qui se percutent.

J'ai quelques frictions pendant le petit-déjeuner avec la lourdeur des américains qui jouent au Gentil Organisateur. Dégoût pour ce luxe qui me prend au piège : 13,50 rps pour le repas avec un gâteau sur lequel je cale.

10h : concert de flute. Des gens sont secoués tout autour mais pas moi.

Allocution de Baba : simplicité et humour prenants.
Puis darshan (bénédiction du guru). Salut poli de sa part qui ne m’amène pas d’illumination. Je ne distingue pas le dieu chez lui. Ni chez moi.


Apartés

Baba signe le poster 
couleur géant que lui apporte une américaine, engoncé dans ses coussins de satin rosé, drapé dans sa robe de soie rose. L’adorable interprète (note : Gurumayi Chidvilasananda qui prendra la direction du mouvement après la mort de Muktananda) et ses majordomes sont penchés au-dessus de lui.
Auparavant, une jeune fille lui a parlé et, après l’avoir quitté, elle est restée avec un sourire béat sur le visage pendant quelques minutes, les yeux pleins de joie, d’amour.
Les indiens défilent en groupe, on les pousse et on leur donne des bonbons, une photo ou un autocollant.
Cet américain de l'organisation qui touchait avec répulsion l’épaule des indiens pour les pousser plus loin, tel un snob du 16ème faisant l’aumône à un clochard, fait maintenant un sourire hypocrite excessivement forcé pour accueillir le violoniste Paul Hiru et lui faire une place au pied du maître. On dérange pour cela quelques égaux moins égaux.

Plus tard, Baba saute de son siège, commence le tour de l’ashram. Sa petite voiture Yamaha l’attend, couverte d’enfants. Il leur fait signe de descendre et s’installe à l’arrière avec son chien. Un chauffeur prend place, le véhicule démarre, le couple divin tournant le dos à la route. Autour les gens gloussent et se pâment, ravis par la scène, comme une mère s’émerveillant des moindres gestes de son bambin adoré.


Pendant le seva, pelage des oignons puis transformation en petits cubes très soignés. 20 personnes sont ainsi penchées sur leur plateau, exécutant ce service divin pour la communauté avec une minutie religieuse et en y mettant toute leur âme. On distingue l’américain, profession libérale, qui met toute sa finesse, toute son application dans ce simple travail. Une jeune française qui a fini plus tôt continue à manipuler les petits dés blancs et les assemble en lettres majuscules. Peu à peu une phrase se forme sur le plateau en inox : DIEU EST AMOUR.


Déjeuner, avec ce serveur borné qui ne me redonnera un peu plus de légumes qu'au second tour seulement. Chacun fait son travail consciencieusement, les idiots restent idiots.



Le village et la colline de Ganeshpuri

Balade alentour : passé la teinturerie que Baba a équipé d’une machine moderne - auparavant les indiens faisaient la lessive en frottant le linge sur les pierres de la rivière, on va vers le village de Ganeshpuri.

Salle de Nityananda avec les multiples photos de cet amusant gaillard : visite de l’endroit où il vivait, son fauteuil en skaï, sa chambre avec air conditionné. Simplicité.
Beaucoup d’argent ici. Le temple de Nityananda est tout neuf, les couleurs clinquantes. A l'intérieur, une statue noire de Nityananda.

(note : Bhagavan Nityananda, à l'origine de cette lignée, s'est établi à Ganeshpuri dans une hutte en 1936. Décédé en 1961, il a, sur toutes ses photos, le physique et la présence d'un homme à part comme l'Inde sait en produire. Un site : http://www.nityanandatradition.org)

Rencontre d'une adorable vieille femme.
Swami Ghopal, un autre guru, est également vénéré dans les parages.

Montée sur la colline, vue superbe.
Moment doux avec deux indiens sous la véranda, depuis ce point de vue qui appartient à un autre swami de Bombay.


Retour à l'ashram

Distribution de bouffe aux pauvres. Plus tard quelques bouts de pain et du thé pour tous ces prolétaires de dieu. A l'écart du restaurant l’Amrit mais quand même sympa.

De jeunes américains d'environ 10 ans vont en force dans le snack qui fonctionne avec des jetons et, comme des grands au Mc Donald's, commandent leur nourriture aux indiens puis la mangent à table en plaisantant entre eux. 

Sans compter la nourriture macrobiotique : la tête du lit â côté du mien est entièrement occupée par des bocaux de graines, de soja et de tout type. Le ginseng est vendu à 50 rps la racine, un sac "Health and Nature" siglé New York est posé devant le restaurant Amrit,...
Ces américains en provenance directe de N.Y.C. et qui n’ont même pas mis les pieds en Inde ailleurs qu’ici à Ganeshpuri : les nouveaux freaks ?

Et moi : Kundalini légèrement éveillée. Elle m’a procuré un calme divin sur la colline ensoleillée, avec ce deux indiens dans leur cabane de terre battue.


_____________________La carte de la journée_____________________

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