01 février 1982

J114 - Goa, jour 32 : comme une poule dans sa cage


A. a pris la décision de partir dans quelques semaines pour Delhi.
Je la rencontre au marché où j’empruntais quelques bouquins.

Deux Mad, dont seuls les gags de Don Martin émergent de la grisaille et de cette triste médiocrité du quotidien américain, dont on ne sait si le dégoût résulte d'une cruauté intrinsèque ou d'un cynisme volontaire.
Un bouquin sur Sri Aurobindo, intéressant mais terriblement lourd.
Et enfin, un "Dictionnaire pratique de la langue française", pas des plus détendants non plus !

Je commence à m’emmerder. L’existence me paraît moins palpitante. Que faire de l’heure prochaine ?

Dans la chambre à côté, cet après-midi, la jeune italienne s’est remise à pleurer. Je fus encore plus déconcentré de ma lecture sur le mental, quand j’ai réalisé qu’elle ne pleurait pas vraiment, ni le gars qui était avec elle.
Seul le plumard grinçait un peu. Oh, là, là ! Que ces petits cris étaient excitants, et le rythme progressivement se faisait plus soutenu, plus rapide aussi. Je me demandais « Va-t-il tenir le coup longtemps à cette vitesse ? », ou bien je me contractais, prenant leur cause comme la mienne, participant au difficile exercice « Vont-ils y arriver ? ».

Aquarelle sur un croquis revenant du Ladakh.


Souvenir du Dal Lake, aquarelle

Encore un bon goûter sucré qui me fait passer pour une grosse poule qu’on nourrit bien dans son étroite cage.

Et puis après, plus rien !



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