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08 janvier 1982

J089 - Goa, jour 7 : l'acupuncture, c'est terminé !


Encore l’acupuncture, cette fois dans les oreilles.
Je préférais les mollets, c’était nettement moins douloureux.
Surtout que, lui suggérant fort à propos que j’avais peut être une hépatite - je commence à prendre la teinte de mes frères jaunes - le docteur m’a soutenu que non.
Mais son assistant a néanmoins planté symétriquement deux aiguilles supplémentaires à l'endroit où, sur sa carte, est écrit « hepatitis ».


Ma confiance est en chute libre

Je n’ose refuser, lorsque, après une heure d’attente, l’assistant me demande de me trimballer avec les aiguilles encore fichées, pendant que j’irais à Panjim faire une analyse de sang qui me donnera un diagnostic crédible.

Le bus est manqué. J’ai trop perdu de temps avec ces zigotos que je décide de ne plus fréquenter.

Un peu plus tard, dans les rues de Calangute, je rencontre mon américain qui me débarrasse de mes petits dards et les fiche sur sa serviette.
La médecine est dans la rue.


Panjim

Trop tard pour l’analyse que je dois faire à jeun et qui est reportée à demain.
J’obtiens néanmoins mes photos ainsi que ma prolongation de visa.


Photomaton à Panjim, Goa




_____________________La carte de la journée_____________________

06 janvier 1982

J088 - Goa, jour 6 : toujours de l'acupuncture


Ce matin, acupuncture

Diagnostiquant une faiblesse du foie, on change l’emplacement des banderilles.
La grosse italienne, bécasse et gentille, cherche « lever » (le foie) sur sa carte de l’oreille pour être sûre d’être au bon endroit. Ensuite elle tente de localiser l’emplacement exact avec un petit appareil électronique muni d’une pointe qu’elle écrase un peu partout dans l’attente d’un bip-bip plus violent. Cet engin ne m’inspire pas plus confiance qu’un branchement quelconque au sein du synthé artisanal bricolé par mon frère. La fille se guide d’ailleurs davantage sur mes grimaces de douleur que sur les ridicules bips sonores.
Après avoir localisé les endroits supposés guérir le foie, elle m’y enfonce des aiguilles extrêmement douloureuses. Lorsqu’elle me demande si je sens quelque chose, je répondrais n’importe quoi pour qu’elle me laisse tranquille car elle est là, pataude, tournant autour de mes oreilles, inquiète d’avoir trouvé le bon endroit, et prête à corriger son approximation en recommençant son semis de douleur un peu plus loin. Non merci, sans façon !
Me voilà pestant quelque peu devant tout ce temps perdu, assistant à ce petit jeu avec mon sens de l’observation habituel qui tourne à l’aigre : « et si on jouait au docteur ? ».


Enfin libéré

Me voilà en possession de quelques noms de médicaments, dont un qu’il me faudra couper avec du vin. Le docteur semble très fier de prescrire « le vin que vous préférerez », curieux produit miracle pour un malade du foie.
Ma foi, elle, est bien entamée par les agissements de mes docteurs. Je les quitte, disant « OK ! OK ! » à tous ceux qui autour de moi multiplient les conseils les plus divers, m’éloignant progressivement en acquiesçant continuellement, peu désireux de contrarier cette bande de cinglés.

Pour me changer les idées, je vais me baigner, puis partage avec Christophe une assiette de prawns qui me resteront sur l’estomac.
Ça n’était pas indiqué, mais le docteur m’avait tellement seriné que je n’étais qu’anémié, j’avais envie de vivre quoi !

Et ça valait la peine : ce soir-là, le coucher de soleil enflammait l’horizon d’une irradiation orange, laissant la mer retrouver un bleu intense venant des profondeurs et offrant un spectacle splendide.
« Bis ! » « Non ! Demain ! ».

05 janvier 1982

J087 - Goa, jour 5 : encore de l'acupuncture


Nouvelle séance d’acupuncture, qui dure trop longtemps à mon goût.
Je reste assis sur la véranda, les aiguilles fichées aux endroits adéquats, et attends de ne plus rien sentir, moment où il faudra les enlever.
Ça dure, dure et dure encore, pendant que les autres écoutent le docteur, feuilletant des bouquins spécialisés, s’occupant d’une allemande aux problèmes gynécologiques à qui le docteur promet un retour de ses règles dans les quinze jours. J’aimerais connaître le résultat, son efficience dans le domaine psychosomatique.

Après cette seconde séance, bus pour Panjim où je dois régler l’histoire de prolongation du visa. Je suis un peu anxieux, on m’a dit que c’était difficile, qu’il fallait payer des bakchichs.
En définitive, tout semble aller pour le mieux et ne demandera que deux jours.  

Soleil de plomb pendant l’après-midi, alors qu’il me faut trouver un photographe afin d’obtenir des photos au format passeport. Il me les faut pour dans deux jours et on me charge le tarif express !
C’est la vie, on est touriste ou on ne l’est pas.


_____________________La carte de la journée_____________________

04 janvier 1982

J086 - Goa, jour 4 : acupuncture et moxibustion


A tout hasard, je vais voir l’acupuncteur devant le restaurant Relax.

Il faut dire que ça chauffe aussi dans ma tête : entre la fièvre que je trimballe et les lectures sur la méditation de ces derniers jours, ça fait un joli micmac inconfortable.

La séance a commencé depuis une dizaine de minutes et deux aiguilles sont déjà fichées dans mes mollets, lorsque je sens une bonne grosse nausée venir de loin.
Le temps qu’on m’arrache les fines aiguilles d’acier et mon petit-déjeuner finit au pied de l’escalier, chaque spasme répulsif m’arrachant des larmes de douleur.

Pour me remettre d’aplomb, les gaillards pratiquent la moxibustion qui consiste à brûler une bourre cotonneuse et grise dans le cratère du nombril. Ça fait très chaud et, curieusement, une réelle sensation de soulagement en résulte. Dans mon abdomen moite et crispé se propagent de sécurisantes et bienfaisantes vagues de chaleur, irradiant dans le centre du corps une énergie moins fiévreuse que celle qui me ronge le cerveau.
Ils reprennent leur drainage de l’énergie en enfonçant des aiguilles au sommet des mollets et les titillent jusqu’à ce que je sente « quelque chose ».
Le barbu américain ne semble pas très compétent mais cette première séance ne m’a pas complètement désillusionné.


_____________________La carte de la journée_____________________