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10 mars 1982

J151 - le fort de Chittorgarh


Parti depuis 5 mois ! Marre de voyager ? Oui, un peu.
Je rentrerais satisfait si je n'avais ce sentiment d’obligation d’aller au Népal et à Varanasi.
On verra après la pose à Delhi si l’enjeu en vaut la chandelle. Je me sens prêt pour rentrer. Mais ce serait dommage de ne pas finir l’argent du voyage. Sentiment idiot aussi de ne pas avoir tout accompli. 

Réveil tôt. Petit-déjeuner.
Mon sac à dos accuse un poids dément. Au dernier pesage, j'en étais à 89 kg !  

Train pour Chittorgarh à 9h20.
Il est pris d’assaut à chaque arrêt, nous sommes barricadés et je me réfugie dans les banquettes supérieures pour ne pas échauffer les esprits.


Chittorgarh

C'est Holi, tout est fermé y compris donc le Post Office.
Après un thali bourratif, visite du fort en tonga.
Intéressant.


Rana Kumbha Palace, Chittorgarh 
Tonga, fort et Vijay Stambh, Chittorgarh

Train ou bus pour Delhi ? La grande inconnue.
Bus, à 21h.

Quel plaisir d’apprécier la vitesse à laquelle il roule par rapport à celui d’hier qui se rendait à Ranakpur !


_____________________La carte de la journée_____________________

09 mars 1982

J150 - Udaipur, demain c'est Holi


Bus bondé à 8h, l’angoisse.
Heureusement, j'ai un bon karma et un taxi pour le même prix.

Arrivée à Udaipur.
Passage au bus stand pour récupérer quelques infos.
Petit-déjeuner, méditation.

Balade et achats déments : robes, gouaches, boites en bois fin du Rajasthan.

Retour à l’hôtel puis passage au bus stand et à la Railway Station.

Demain, c'est Holi : il n'y aura aucun bus et maintes perturbations en perspective.

Location d'une bicyclette, dîner au Bheel Restaurant après une traversée du bazar où les arbres fleurissent au milieu des ruelles.

Comment une foule, même d’enfants, peut vite tourner à l’hystérie.
Retour à la nuit parmi les braises et les pétards.


08 mars 1982

J149 - les temples jains de Ranakpur


Lever de bonne heure. Méditation sans succès.
A 6h petit-déjeuner.

Départ en bus, en retard de 7h15 à 8h, puis lenteur exaspérante à rendre fou.
90 km parcourus en 5h30.

Arrivée à 13h30, déjeuner au Tourist Bungalow.

Les temples sont biens.


Temple jain d'Adinath, Ranakpur
Temple jain d'Adinath, Ranakpur
Sikara principale, temple jain d'Adinath, Ranakpur 
Selfie sur le toit, temple jain d'Adinath, Ranakpur
Temple jain d'Adinath, Ranakpur

Rencontre d'un groupe de français et d'indiens chiants qui tiennent absolument à ce que je les prenne en photo.


Temple jain d'Adinath, Ranakpur

Le bus de retour est raté.
Gag avec un pépé sympa qui a croisé Muktananda.

Coucher chez les jaïns après un thali copieux.
Je décide finalement de ne pas aller à Jaipur faire un business qui me trouble l’esprit.

_____________________La carte de la journée_____________________

07 mars 1982

J148 - Udaipur : les palais du Pichola Lake


Réveil vers 7h puis méditation, sans résultat.

Petit-déjeuner, puis départ à 9h pour le City Palace.
Pas grandiose, à part la vue sur la région.


Au pied de Shiv Niwas Palace : Jag Niwas et Lake Pichola, Udaipur
Jag Mandir et Lake Pichola depuis le City Palace, Udaipur
Jag Niwas et Pichola Lake depuis le City Palace, Udaipur

Le Jag Niwas (Taj Lake Palace) est bien mieux : thé et bon moment assis à côté de la piscine.
Chaque instant peut être bon si j’y prête attention mais il est en dehors du monde car seulement dans mon corps et mon esprit.

Depuis Jag Niwas : City Palace, Shiv Niwas Palace et Lake Pichola, Udaipur

Déjeuner sur la place du City Palace puis descente vers Hathipole Gate. Shopping : grand choix de dessus de portes, boites, batiks, gouaches sur coton. Démonstration chez Appolo Arts de la technique du batik : masquage par la cire puis teinture du plus clair au plus foncé.

Dîner de bonne heure au Kwality de Chetak Circle.
Retour et méditation.


_____________________La carte de la journée_____________________

06 mars 1982

J147 - Udaipur : tour des lacs en vélo


Très bon hôtel sympa. 35 rps.

Repos pendant 2h avant de repartir épuiser mon corps jusqu’à ce que le foie se manifeste.

Location d'un vélo et départ à l’extérieur de la ville.
Ambition : la surmonter depuis une haute colline. Au moins 6 km à faire. Je cale à mi-pente. 

Retour en m'enfilant Fateh Sagar Lake. Pédale, pédale.

Restaurant Bheel assez bon et pas trop cher, malgré le luxe et la situation sur le lac.
Puis la visite des deux jardins est accomplie avec application et célérité.


Saheliyon ki Badi (Garden of Maidens), Udaipur
Saheliyon ki Badi (Garden of Maidens), Udaipur
Fateh Sagar Lake depuis Rock Garden, Udaipur

Retour par le bazar.
Achat de tout le nécessaire pour un goûter que je fais copieux à l’hôtel Rang Niwas avant de me coucher vers 19h.

_____________________La carte de la journée_____________________

05 mars 1982

J146 - en route pour Udaipur


Du repos et de la méditation pendant la matinée ponctuée d'une bonne douche.  

Balade jusqu’à Nakki Lake. C’est sympa.

Impulsion pour aller à Udaipur dès cette nuit. Puis aller acheter des pierres à Jaipur ?

Déjeuner au Madras Café.

L'après-midi, à nouveau méditation et préparation du sac.

Bus de nuit pour Udaipur, de 20h30 à 7h : l’enfer. Je manque le paysage et ma nuit.


_____________________La carte de la journée_____________________

04 mars 1982

J145 - les temples jaïns de Mount Abu


Bonne nuit dans le train.
De 22h50 à 7h30 : presque 9h pour faire 200 km ! Mais hôtel gratuit.

Arrivée à Abu Road.
Bus pour Mount Abu.

Petit-déjeuner avec une italienne grosse et prolixe.
Au Tourist Bungalow, super chambre à 10 rps. Mais le temps n'est pas fameux.

Méditation puis visite des temples jaïns (Dilwara Temples) étonnamment ciselés.
(note : les photos y sont interdites, mais quelques-unes sont disponibles sur Internet).

Superbe retour à pied par ces petits vallons, comme des oasis.


Mount Abu, Abu Road

Rochers, palmiers, femmes au travail, irrigation antique, un peu comme au Maroc.


Mount Abu, Abu Road

Retour à l’hôtel puis dîner sur la place.
Ambiance super de petit village de vacances. Peu de freaks mais des couples d’amoureux indiens.

_____________________La carte de la journée_____________________

24 décembre 1981

J075 - Nuit de Noël dans le train Jodhpur - Bombay


Mauvaise nouvelle au réveil, il faudra payer une nouvelle nuitée car le check out de 24h est dépassé.

Solide petit-déjeuner puis nous traînons un peu dehors.
Je suis plutôt mal en point depuis un jour ou deux. Sans doute l’eau douteuse du camel safari qui s’est doublée d’une grippe, ou d’une infection similaire. 

Déjeuner, puis il est temps de rentrer boucler les sacs.
Je prends les péloches de Thomas que je prévois de remettre à D. avec les miennes.

Ma veste n’est pas sèche, quelques bananes, quelques biscuits et hop ! dans le train qui déraille vers 15h35.


En route pour Bombay

Vers 17h, je trouve mon siège.
Vers 19-20h, j’ai la chance d'obtenir, grâce à un contrôleur efficace, une couchette libre qui me permettra de dormir, sans supplément, jusqu’aux faubourgs d’Ahmedabad.

Compartiment d’indiens, dont la représentante de la gent féminine fait penser à une mama italienne qui vendrait des poissons au marché. Mêmes rondeurs et même parler.

Pour la quatrième fois, j’ai fait cette nuit le même rêve, mais plus détaillé que d’ordinaire.
J’étais d’abord dans l’avion et je me rendais compte au cours du vol que je ne connaissais même pas la compagnie avec laquelle je voyageais. Une fois de plus, j’étais parti sans m’y être préparé.
Ensuite, j’étais rentré mais n’en tirais aucune réjouissance. Ma seule préoccupation était qu’il me fallait retourner à l’aéroport chercher ce sac que j’y avais laissé, en raison d’un retard concernant l’arrivage du fret.
Plusieurs fois je me réveillais, et ma présence dans le train brinqueballant apportait la certitude que j’étais toujours en route. Il fallait au moins ça pour me tirer de la situation empêtrée qui m’était imposée dans mes divagations oniriques.
Dans ce rêve, le retour m'était imposé, non choisi, et créait une frustration. Comme si, sur place, j’étais sur le point de découvrir quelque chose et que mes plans et mes espérances seraient ruinés par ce retour anticipé.
Est-ce à dire que je vais découvrir quelque chose avant mon retour, et rentrer comblé ?


Noël dans le train

Tentatives pour imaginer ceux qui en France passent ce moment que j’ai vécu à vingt et une reprises et dont je suis totalement étranger cette fois-ci.

_____________________La carte de la journée_____________________

23 décembre 1981

J074 - Jodhpur : Umaid Bhavan et Meherangarh Fort


J'émerge de ma somnolence pour voir venir Jodhpur.

C’est le matin donc et, en sortant de la gare, il nous faut trouver un hôtel pas loin car, pour beaucoup d’entre nous, cette ville n’est qu’une plaque tournante pour Udaipur, Mont Abu, Bombay.

L’hôtel est situé dans une rue adjacente à la rue principale, et, pour 20 roupies, on a la chance de bénéficier d’une salle de bain.

Une fois délivrés de nos sacs à dos, nous nous pointons vers les guichets de réservation qui éclosent vers 9 heures.
Tous les trains semblent complets, certaines personnes réservent pour le 15 janvier. On perd un temps fou à se faire renvoyer de guichet en guichet après une longue file d’attente exaspérante, dans l’espoir d’obtenir une information jamais satisfaisante. Je perds patience, m’engueule avec un guichetier faisant la sourde oreille, ne se sentant pas concerné par ma question, puis mime son attitude bornée, mes deux mains faisant les œillères entre lesquelles il se complait, etc…
En fin de compte, achat d’un ticket pour Bombay. Je n’ai qu’une réservation pour une place assise, et plus de 24h de trajet !


Ensuite, place au tourisme

Nous tombons sur un chauffeur de rickshaw tellement bouché qu’il nous emmène à l’opposé du fort que nous avions convenu comme destination initiale. Lorsqu’il devient flagrant qu’il nous conduit à Umaid Bhavan, et que nous aurons toutes les peines du monde à l’impliquer dans d’autres trajets, nous baissons les bras et le laissons faire.
Comme il nous en avait prévenu, son compteur ne marche pas, d’où un lourd marchandage aux portes du palais, cossu palace qui fait récent et sans originalité ni finesse.


Le faste suranné d'Umaid Bhavan

Sa visite est toutefois fascinante. Elle permet de revivre, en imagination, le faste qui régnait il y a de cela seulement cinquante ans.

Entre 1929 et 1942, le maharaja, ce gosse de riches, s’est fait construire une ville-villa démente, coiffée d’un dôme gigantesque, avec l’air conditionné partout, des salons à n’en plus finir, une piscine gisant sous le plancher circulaire que domine, de très haut, le plafond voûté de la grosse coupole, une salle de cinéma, un billard et j’en passe. C’est le grand-père du maharadja actuel qui a organisé tout ça. Ce dernier est également propriétaire du fort de Jodhpur, mais les temps doivent être de plus en plus durs car maintenant, chez lui, sévissent les guides et les restaurateurs.


Visite des chambres

La visite des chambres 225 et 227 se révèle d’un intérêt surprenant. Meublée dans le style des années 1930, chacune possède sa propre décoration, est dotée d’une entrée-salon qui accueillerait sans difficulté un cocktail de taille moyenne. 
La première chambre a la taille d'un gigantesque séjour dans laquelle flotte, un peu perdu, le double lit.
Dans la seconde, de taille plus modeste, le style est davantage affirmé, un peu design, avec un lit laqué noir, perpendiculaire à un miroir décoré de peintures bizarres. La salle de bain tient du délire, avec une baignoire-autel à robinets dorés trônant au milieu de la pièce et des fauteuils et des lavabos disséminés tout autour.
La salle de bain de la première chambre conviendrait aisément à une petite collectivité : une énorme salle principale où sont juchés, côté à côte, deux lavabos, et tout autour, des pièces contiguës contenant qui une douche, qui successivement, un chiotte à la turc, un bidet, un chiotte à l’européenne, garées côte à côte comme des automobiles.
Tout cela pour 600 roupies la nuit, le prix d’une nuit anonyme dans un Méridien. Mais nous restons cependant en Inde et une note de la direction sur une table informe les clients que, en raison des coupures fréquentes d’électricité, l’hôtel n’est en mesure de délivrer de l’eau chaude qu’à certaines heures de la journée.


La ville et au fond Meherangarh Fort depuis Umaid Bhavan, Jodhpur
Umaid Bhavan, Jodhpur

Pour 9 roupies, à deux, nous jouissons d’un thé luxueusement servi dans une salle attenante à la large coupole. Nous nous y complaisons à imaginer la clientèle anglaise snob d’il y a quelques décennies, remplacée actuellement par deux pseudo freaks sales dont un barbu.

On décolle enfin. Nous boudons le monopole des rickshaws qui attendent les gogos à la sortie et attaquons courageusement la descente de la colline sous une chaleur accablante.


Meherangarh Fort

Un bus et un tonga (note : carriole à cheval) plus tard, nous sommes au Meherangarh Fort, majestueux sur son surplomb rocheux.
Comme d’habitude, un guide enrubanné nous fait faire le tour du propriétaire : collection de miniatures, d’armes, de palanquins et de howdahs (note : palanquin à deux rangées)
Salle au miroir, salle des courtisanes, vitraux colorés, rien de bien nouveau sous le soleil du Rajasthan.

Nous longeons les remparts d’où l'on découvre une superbe vue sur Jodhpur. La "rumeur (qui) vient de la ville" frappe tout d’un coup, lorsque la tête cesse d’être protégée des ondes sonores par l’épaisse rambarde de pierre.


La ville à l'est depuis Meherangarh Fort, Jodhpur
La ville à l'ouest avec Clock Tower et Umaid Bhavan depuis Meherangarh Fort, Jodhpur

Descente à pied jusqu’au Jaswant Thada, délicat cénotaphe de marbre blanc, dans la lignée des productions d’Agra.


Meherangarh Fort au soleil couchant, Jodhpur, Rajasthan

Nous poursuivons en direction d’une grande artère, à travers un fouillis impénétrable de ruelles et de maisons qui se dispersent dans tous les sens. Une tonga, à nouveau, se charge de nous ramener dans le droit chemin, près de la gare.

Restaurant végétarien, thali qui coûte dix fois moins cher que le steak que je vais m’enfiler d’ici peu au Taj Mahal, ce grand hôtel de Bombay.

Emotion de retour à l’hôtel quand je me rends compte que j’ai égaré ma Bible, le Guide Bleu, sur laquelle repose en partie les estimations des itinéraires à échafauder.
Heureusement elle n’est pas loin : je la retrouve dans le restaurant où elle a glissé de ma poche et trône majestueusement, sur le comptoir à côté du caissier.

On s’enfile une petite bière avec Thomas car on a drôlement soif.
Je lave ma veste, qui semble conserver toujours autant de crasse, car il me faudra bientôt être à nouveau séduisant pour mes retrouvailles à Bombay avec D.

_____________________La carte de la journée_____________________

22 décembre 1981

J073 - En train pour Jodhpur


Départ pour la gare dans la matinée afin de réserver des places pour le train de ce soir, direction Jodhpur.
Sur le chemin du retour, nous rencontrons des français de connaissance, le barbu de Jaipur entre autres.

Petite sieste à l’hôtel.
Déjeuner puis encore quelques achats, notamment un couvre-lit richement brodé.


Tissu rajasthani, recto, Jaisalmer
Tissu rajasthani, verso, Jaisalmer

Nous rendons ensuite visite à notre ami le boutiquier du fort.


Remparts et Golden Fort, Jaisalmer

Je craque pour un pendentif en ivoire, une petite boîte de même nature et trois bracelets qui feront des cadeaux sympas.
Thomas succombe de façon à peu près identique.


Boite en ivoire, Jaisalmer

Nous montons ensuite dans cette haveli qui bénéficie d’une superbe terrasse avec une vue splendide sur les vieux toits du fort.

Après avoir traîné encore quelque temps en ville, notamment au juice shop, nous retournons dîner au même endroit, ce qui devient lassant.
En rentrant de bonne heure - il nous faut finir le paquetage - nous croisons les deux mignonnes de Lille qui seront, elles aussi, du voyage. Décidemment, que de français sur la route.


Mon premier train en Inde

Première expérience des couchettes indiennes.
Le train a un peu de retard mais tout va bien. Nous sommes surpris de trouver nos noms affichés sur les fiches de réservation collées aux parois des wagons, surpris que le système fonctionne.

Relative bonne nuit donc sur la couchette du milieu.
J'émerge de ma somnolence pour voir venir Jodhpur.

_____________________La carte de la journée_____________________

21 décembre 1981

J072 - Dernier jour dans le désert du Thar et Gadisar Tank


Lever de soleil à l’abri d’un mur de pierres.

Petit-déjeuner copieux car il faut terminer les provisions.
A nouveau, chapatis qui, crus, constituent une épaisse pâte indigeste.


Retour sur Jaisalmer

Dès que l’on se retrouve sur le dos du dromadaire, on constate que l’assiette est maintenant nettement meilleure, assis sans étriers, collant lourdement à la selle avec anticipation des soubresauts de l’animal.
Sentiment d’une majestueuse « chevauchée ».

Camel safari, près de Jaisalmer

Passé Jiyai et cette grosse flaque bleue vif entourée d’une végétation d’un vert étonnamment prononcé, nous nous arrêtons à Dhauwa boire un thé offert par un des chameliers du Golden Rest House, celui à la guimbarde.

Une dernière pause avant de retourner par un trot allongé derrière Paul qui perd patience, par crainte de ne plus pouvoir changer son argent auprès des banques.


Camel safari fini

Une fois descendu de ce grand animal, on se rend compte qu’on aurait pu tenir quelques heures supplémentaires, avec plaisir.

Déjeuner au Gaylord, mais le cœur n’y est pas, peut être la lassitude de l’endroit, ni l’estomac. Peut être l’eau de notre expédition qui procure la colique. Heureusement que nos voisines de Lille sont fraîches et mignonnes comme tout.

En rentrant sur le Tourist Hotel, nous prenons au passage quelques photos du Bhang Shop, avec les enfants qui présentent complaisamment leurs produits.


Bhang-shop, Jaisalmer

A l’hôtel, repos pour nos corps fatigués par les derniers jours d’épreuves physiques.


Gadisar tank

Puis coucher du soleil sur le lac réservoir de Gadisar, dans lequel trempent de petits kiosques isolés des berges. Un peu comme à Pushkar, les maisons bordent la rive et des escaliers descendent jusqu’à l’eau.


Gadisar Tank, Jaisalmer
Gadisar Tank, Jaisalmer

Peu après, retour en ville pour dîner.
La fatigue se fait sentir sur le moral des troupes.

_____________________La carte de la journée_____________________

20 décembre 1981

J071 - Second jour dans le désert du Thar


Les accompagnateurs se sont levés de bonne heure, troublant cette fin de nuit avec leur conversation des moins discrètes. Mais du coup, le temps d'aller un peu à l'écart apprécier le soleil qui se lève, le thé et les chapatis sont déjà chauds.


Dromadaire à nouveau

Curieuse façon de se lever et de s'agenouiller en trois temps, comme dans la valse.
Douloureuse façon de trotter, mais à laquelle on se fait petit à petit.

Camel safari, Damodara
Camel safari, de Damodara à Sam Sand Dunes

Nous atteignons Sam Sand Dunes vers midi.
Petit break dans le sable fin, en batifolant avec des grands enfants indiens puis en prenant des photos de mode rajasthanie sur fond de dune.


Mes chaussures et mon écharpe, Sam Sand Dunes


Khuldhara, le village abandonné

Passé Kanoï, nous arrivons à Khuldhara, village mort fait de pierres disloquées, dans lequel on déambule, espèce de Pompéi.

Un peu craintif, je fais une toilette sommaire dans une eau dormante de propreté douteuse, où les bêtes vont s'abreuver et dans laquelle flânent de petits parasites. C'est l'eau qu'on boira un peu plus tard puisqu'elle convient à nos guides imprévoyants.

Petit lac empoisonné, Khuldhara

Une fois le bois rassemblé, nous empruntons ce qui fut la grande rue pour atteindre un temple désaffecté. De part et d'autre, l'enduit de terre a été lavé par les eaux et les murs ne sont plus que de fragiles édifices de pierre superbe.


Temple jain, Khuldhara

Coucher de soleil magnifique assis sur ces tombes que nous avons traversées peu avant. Le soleil d'un orange uni et éclatant semble s'immobiliser un instant, avant de se décider à plonger derrière l'horizon. C'est une sphère parfaite, une boule symbolique qu'on dirait posée sur une ligne géométrique.


Le bivouac, Khuldhara
Tombes au coucher de soleil, Khuldhara

Pour le dîner, même menu que le jour précédent.

Ne voulant pas renouveler l'expérience bruyante de la nuit précédente, nous allons dormir à l'écart dans une grande pièce d'une maison en ruine, apportant notre feu jusque-là. Discussion sur les voyages, avant de s'enfiler dans nos sacs pour une nouvelle nuit sous les étoiles.

Il fait suffisamment froid pour que cela interrompe ma nuit.
Couché avec Orion à la verticale, je me réveille et découvre avec ravissement que c'est la Grande Ourse qui l'a remplacée, merveilleusement reconnaissable. Identification réconfortante après sa quête en vain durant ces dernières semaines, depuis Kargil.


Orion, la lune et la Grande Ourse, Khuldhara


_____________________La carte de la journée_____________________

19 décembre 1981

J070 - Camel safari dans le désert du Thar


Courte nuit, réveil à 6 h.
Nous laissons nos sacs à l'hôtelier qui remet la note à plus tard.

Rendez-vous au Sun Ray Hotel où il nous faudra plus d'une heure pour...(dé)blatérer.
Il faut penser à tout et un couple français qui revient de safari nous conseille d'être exigeant pour obtenir satisfaction.


Camel safari : courses et itinéraire décrit par le chamelier, Jaisalmer

Un dromadaire, c'est rudement haut et la démarche est peu confortable au début.


Camel safari, Jaisalmer et le désert du Thar

Direction Amar Sagar où nous visitons un temple en ruine dans lequel des artisans taillent des pierres pour reconstituer des frises de l'ancien temps.

Camel safari, Amar Sagar, Rajasthan
Sketch, Amar Sagar, Rajasthan

Après avoir franchi le terre-plein à la recherche d'un réservoir d'eau, nous regagnons nos chameaux et sommes rejoints par un canadien et deux néo-zélandais avec qui nous poursuivrons le voyage.



Camel safari, Lodurva, Rajasthan, Swiminindia

Lodurva : boisson dans un tea-stall en face des temples jains.

Camel safari, Jain temples, Lodurva

A l'extérieur du village, pause pour un repas frugal, quelques chapatis et des tomates crues.

En milieu d'après-midi, nous nous arrêtons aux alentours de Damodara pour préparer le bivouac dans un endroit quasi désertique, agrémenté de-ci de-là de quelques épineux.
Je fais mes premiers chapatis, essayant avec difficulté de frapper le disque de pâte alternativement d'une main sur l'autre, avec une coordination médiocre.

J'apprécie le soleil qui se couche, du côté opposé à la lune, apportant avec la nuit un calme apaisant.


Le soleil fait place à la lune, Damodara, Stellarium

Dîner correct de chapatis et de rice and vegetables arrosé de quelques thés.
On s'enfile dans nos sacs.
La quiétude en dessous de ce ciel étoilé serait idéale sans ce sale chien venu rôder autour de nous en quête de quelques reliefs.



_____________________La carte de la journée_____________________

(note : pas de dromadaire disponible pour les légendes...)