08 janvier 1982

J090 - Goa, jour 8 : la tournée des églises, hepatitis !



Panjim

Prise de sang pour 20 roupies.
Dans l’attente du résultat, visite de Old Goa qui n’est qu’à 8 kilomètres.


Tous les saints de Old Goa

Chaleur accablante, heureusement l'endroit est truffé d’églises.
Epuisé, je m'y repose longuement, puis plus tard me traîne ébloui et assommé par le soleil jusque dans un autre havre d’ombre et de paix où j’essaye de récupérer.

Sainte-Catherine est très austère de l’extérieur.
A l'intérieur, un flamboyant retable baroque peuplé de petits saints que bordent, dans le chœur, des stalles de bois sculptés.
(note : plus sur Sainte-Catherine)

Saint-François est nettement plus attachant. Il y règne une ambiance particulière, sans doute du fait de sa désaffectation. Un seul tapis rouge de corde tressé, pas un siège, l’endroit semble abandonné ce qui confère au lieu cette atmosphère un peu fascinante de mystère. Le retable du fond est peu lumineux, les couleurs en sont fanées et forment un camaïeu défraîchi. Comme dans les vieux greniers, un rayon de soleil se glisse intact, jet de lumière qui apporte le contraste, brûlant une petite surface au sol dans cet espace sans vie mais plein d’histoire.
(note : plus sur Saint-François)

Basilique du Bon Jésus, qui enferme le corps momifié de saint François-Xavier dans un tombeau compliqué. Monument de marbre blanc plaqué de sculptures de bronze, supportant un cercueil d’argent doublé de verre au travers duquel on aperçoit la tronche décrépite de ce bon vieux François-Xavier.
(note : plus sur la Basilique du Bon Jésus)

Au dessus, une salle expose des œuvres religieuses, tableaux d’une lourdeur symbolique terrifiante à l’image de toute la peinture indienne moderne : ce ne sont que lueurs grandiloquentes, postures exagérées, espaces apocalyptiques ou hauteurs éthérées. Tout doit contribuer à évoquer des situations surnaturelles qui susciteront chez le spectateur des sentiments profonds, les laissant ébahis devant tant de représentations d’une puissance mystérieuse et quelque peu redoutable.
On peut voir un saint François-Xavier livide ou plutôt verdâtre, se traînant au pied d’un écriteau que le metteur en scène a cru bon de placer là, situant ainsi la scène dans le temps et dans l’espace, sur lequel sont inscrites les lettres : « CANTON ». 1552 ap. J.C., Saint François-Xavier va mourir. Silence dans l’assistance. Les hommes se découvrent tandis que quelques vieilles se signent. 

A cette heure, je ne fais pas trop mon fiérot.
Je suis allongé sur un banc que j'ai atteint en titubant, me remettant avec difficulté du soleil qui tape fort, si fort, dès que l’on sort du périmètre tracé par l’ombre de ce grand arbre sur le sol recouvert de feuilles mortes.
Seule nourriture : quelques bananes et quelques mandarines avalée avec difficultés, quartier par quartier, en mastiquant bien à fond.
Toutefois, j’ai l’exigence, l’impitoyable exigence d’imposer à mon corps fatigué qu’il me traîne jusqu’à Saint-Gaëtan, dernière église à figurer sur le plan du Guide Bleu.

Je ne remarque pas l’architecture copiée de Saint-Pierre de Rome, si ce n’est le dôme intérieur où j’essaye de prendre quelques repos allongé sur un banc. Peine perdue. Chaque fois que ma somnolence commence, j'en suis tiré par des touristes indiens auxquels je dois éviter la surprise d’une rencontre choquante avec un hippie européen aux poses sacrilèges.
(note : plus sur Saint-Gaëtan)


Résultats du laboratoire 

Serum bilirubin direct : 4 mgs % et indirect 5,2 mgs %.
Alors docteur, c’est un garçon ? Non, une hépatite. Je l’ai. Satisfait, je le suis, de savoir enfin à quoi m’en tenir. Je n’aime pas l’incertitude, ça rend malade.
Visite à un physicien qui conclut à une légère hépatite, me donne quelques médicaments et me conseille de boire beaucoup. De la bière.

Quelques snacks au coffe-shop du Fidelio où l’ambiance propre me semble repousser les virus qui m’obsèdent.

Retour à Calangute, dîner léger avec les nouveaux amis indiens, A. et G.
Un disciple du docteur aux aiguilles est là. Pour rigoler, je l’informe de la formelle nouvelle. Il tombe des nues, me regarde tout étonné en balbutiant : « mais,…mais le docteur avait dit que… ». Je souris de voir sa confiance ainsi mise à rude épreuve.

Finissons-en avec cette journée et cette nuit durant laquelle je me lève pour aller vomir mes aliments autour de la maison.
A droite, le sérum gammaglobulines, à gauche, les vitamines intramusculaires, mes fesses commencent à faire vraiment souffrir, paralysant mon arrière-train, rendant ma démarche cocasse, traînante et pitoyable.


_____________________La carte de la journée_____________________

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