27 janvier 1982

J109 - Goa, jour 27


Tout en prenant le petit-déjeuner, je corrige et finis ma traduction en vers libres anglais.
Parfois cela sonne bien, d’autres fois c’est bancal. Il faudra en montrer un échantillon à A. pour déterminer si cela déclenche chez d'autres le même enthousiasme que chez moi.

Le présent file, sans que jamais on en apprécie la continuité savoureuse. L’avenir, c’est comme les souvenirs, comme tous ces petits plaisirs qui sont les grumeaux du présent : on en apprécie que des petits bouts. 

Quelques livres

Yukyo Mishima : « Après le banquet ». Roman japonais d’un auteur qui se suicide de façon tragique.

Luigi Colani : un designer typiquement rital. Autos, motos, avion, hélico, camion aux formes futuristes et à la plastique aérodynamique houleuse. Sièges, sanitaires, satellite-cuisine, capsule-douche, montres, chaussures : de l’expérimental mais aussi du fonctionnel tellement fascinant pour le regard. 

Vian : « Les fourmis ». Ça part vraiment très fort, ce débarquement sur la plage où ça pète de partout, le sang gicle, les membres volent, chaque atrocité est pleine d’insolence, d’incongruité. C’est tellement bien qu'on a envie de plagier son écriture ou son approche de la vie, prise à la légère et avec insouciance.

Miguel-Angel Asturias : « Le pape vert ».

André : « L’immoraliste ». Bien, mais je trouve que le héros n'a rien d’ignoble du tout. Notre immoraliste se comporte en fait comme un bon bougre dès qu’il est en société, jamais de sorties, jamais de révoltes. Il ne veut rien supprimer, il se contente de se découvrir, un peu comme une fleur tardive devait quand même éclore.




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