26 décembre 1981

J077 - Flop à l'aéroport


Il est 2h et je vais bientôt rencontrer le commandant L. à qui je demanderai la permission d’utiliser la navette d’équipage. Un ancien comme moi de la compagnie devrait l’obtenir sans problèmes, mais qui sait, peut-être vais-je tomber sur un chieur.
Comment vais-je revivre cette ambiance d’équipage ensommeillé allant prendre la relève de ses camarades dans un avion encore tout chaud ?


Cruelle déception à l'aéroport

Aie ! Les vapeurs de luxe que j’avais anticipées en m’échauffant la cervelle ne seront pas pour moi.
Quatre heures du matin, les uniformes défilent un à un et la tête brune tant attendue n’apparaît pas. Je rattrape la file de l’équipage et, m’adressant au peloton de queue, demande si D. est bien à bord.
Hélas ! Il y a eu un bouleversement de planning et cette charmante représentante de Pégase a été remplacée par un chef de cabine de sexe masculin.
Il ne me reste plus qu’à reprendre une navette dans l’autre sens, avec cet équipage que je quitte au Taj Mahal Hotel, pour retourner par les rues noires dans ce petit matin que seuls peuplent quelques joggers forcenés.

Je passe plusieurs fois devant l’hôtel sans le voir. Le volet était tiré et un indien dormait couché sur le sol devant la porte. Quand je l’ai réveillé pour entrer, il m’a fait signe de sortir, dans sa torpeur.
Il me faudra quelques temps, après m’être allongé, pour trouver un sommeil qui pourrait effacer ma déception.

Réveil curieusement tôt, après 3 heures de sommeil qui me semblent avoir duré plus longtemps.
Après un solide petit-déjeuner dans le resto d’à côté, je pars à la découverte de la pointe de cette grande ville, passant d’abord au Taj Mahal Hotel glaner quelques informations d’ordre touristique.


Courses en vile

Pas loin de Horniman Circle, je parviens à trouver le Permanent Magnet, en face de Old Custom House, où un employé de bureau m’oriente pour contacter les responsables des stages de yoga / méditation.

Ensuite, heureuse surprise à l’American Express où je glane quatre lettres. Deux des parents, deux des copains, pas très gaies.

Du coup, je m’offre un déjeuner arrosé d’une bière dans un snack comme on n’en trouve qu’ici en Inde et qui me rapproche un peu du confort occidental.
Bombay, à la différence de Delhi, est plein d’endroits très corrects pour bouffer, pas le foisonnement des tea-stalls qu’on peut trouver un peu partout. Ici, on peut s’assoir, se reposer, écrire au calme, sans être agressés par le cadre et l’ambiance.

Puis consulat de France, fermé jusqu’au 28.
Pour faire bon poids bonne mesure, je vais jusqu’au GPO où il n’y a rien, sauf pas loin les gigantesques constructions baroques et ridicules du Victoria Terminus.
Ces locaux de chemin de fer ont décidément une allure bien religieuse !

Victoria Terminus (Chhatrapati Shivaji Terminus), Bombay (Mumbai)

Retour à l’hôtel.
En chemin, je m’arrête à la Bibliothèque Municipale, puis dans un bureau de poste à côté du Mint, cet endroit protégé où l’on créé les valeurs, pour essayer de joindre le copain de Patrick. Bide, puisqu’il ne rentrera qu'au mois de Janvier, étant à Madras pour le moment.


Mon seul succès de la journée

J’arrive à joindre Gaurang qui me reconnaît au téléphone et avec qui j’arrange un rendez-vous pour demain vers 10h.

Malgré la fatigue des derniers jours, je parviens à me coucher à une heure avancée.


Une chambre vraiment ignoble

Comme des stalles pour chevaux, ils ont divisé et segmenté géométriquement une grande salle. La coursive ainsi formée, avec ses cellules de part et d’autre faites de cloisons en contreplaqué, mène directement de la porte d’entrée - trois mètres de large tout au plus, occupés en grande partie par la table de la réception - jusqu’aux chiottes, tout au fond.
C'est sinistre et le bruit est agressant depuis que les travaux d’aménagement de l’air conditionné envahissent l’étroit couloir. Investissement non superflu, car il règne une chaleur infernale : quand on pénètre dans la chambre, l’air chaud que brasse le ventilateur ne suffit pas à effacer cette suffocante impression d’étuve.
En aménageant ici, le patron m’a dit que j’avais de la chance de ne payer que 70 roupies. Avec une nuance de fierté, il m’a dit que cela serait 90, une fois l’air conditionné installé.

_____________________La carte de la journée_____________________

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